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mercredi, 7 décembre 2016

Patrick Lagacé sous observation

ParAnne Bourgoin
Collaboratrice, BazzoMAG

Il n’y a aucune frontière entre le Patrick Lagacé journaliste et le Patrick Lagacé du quotidien. Son métier, il l’emmène partout avec lui, dans un coin de sa tête. Tout est prétexte à observer, disséquer, dénoncer.

Il le dit lui-même, il aime le journalisme, une profession qui permet de vivre des aventures et d’être payé pour le faire. Autant dire qu’il a été servi en novembre dernier alors qu’il découvrait avoir fait l’objet de 24 mandats de surveillance par la police. Pas un, pas deux, 24!

Comment a-t-il réagi quand il a appris cette histoire? «De la colère, d'abord. C'est une forme d'inculture d'attaquer ainsi la liberté de presse dans des affaires qui pourraient, au final, relever du cadre disciplinaire ou déontologique. Ensuite, un certain effroi: s'ils sont à ce point dénués de scrupules pour attaquer des journalistes dont le travail jouit d'une certaine protection par les décisions de la Cour suprême, je me demande ce qu'ils font le reste du temps.»

Cette histoire qui a fait le tour du Québec et des réseaux s’est rendue jusque sur le compte Twitter d’Edward Snowden, cet informaticien américain qui a rendu publiques les captations par la National Security Agency (NSA) des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis en 2013. Et, bon à préciser, Snowden n’est suivi que par 2 569 919 abonnés…

Son histoire, Patrick Lagacé l’a abondamment divulguée sur les médias traditionnels. Mais sur ses comptes Facebook et Twitter, il s’est contenté de faire connaître la nouvelle en publiant des articles, et aussi, d’exprimer sa colère et sa frustration par quelques sarcasmes bien sentis…

Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’homme n’a rien d’un donneur de leçons et n’est pas du genre à assener ses vérités. «Que ce soit sur Facebook ou Twitter, je lis/consulte davantage que je ne contribue. Twitter est devenu mon fil de nouvelles, qui m'ouvre à des points de vue et à des informations qui m'échapperaient autrement. C'est un outil de travail formidable pour me tenir informé, pour élargir mes horizons intellectuels.

«Quant à Facebook, il me permet de garder un contact serré ou distant avec les gens que je connais, de près ou de loin: il me permet de ne jamais perdre complètement le fil qui m'unit avec certaines personnes. Facebook me permet aussi, quelques fois par année, de trouver des sujets de chroniques, à partir des tranches de vie que les gens y consignent publiquement.»

On pourrait être surpris une fois encore qu’il ne déclenche pas de polémiques sur les réseaux sociaux. Mais non. Patrick Lagacé y préserve une certaine distance tout en exerçant un œil acéré sur ce qui l’entoure.

Et ses abonnés, lui en font-ils voir de toutes les couleurs? «Je bloque, je bloque et je bloque encore. Je bloque probablement de manière abusive, mais il n'y a pas de droit constitutionnel permettant de me suivre sur Twitter ou sur Facebook. Donc, ça assure la qualité de mon expérience.» Et toc! L’homme ne s’en laisse pas imposer.

On ne peut s’empêcher de lui demander quel regard il porte sur les médias sociaux, ce qui lui semble le plus drôle. «Les trop grands dévoilements d'intimité, ça me fascine. Je n'ai rien contre, mais ces déballages me sont étrangers!» Ce n’est donc pas là qu’on découvrira l’homme derrière le journaliste.

 

Facebook : 28 682 abonnés

Twitter : 223 840 abonnés

Instagram : «Je ne l'utilise pas. J'ai un compte : j'ai perdu mon mot de passe.»

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