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mercredi, 7 décembre 2016

Marie-Ève Arbour, nouveau visage de la ruralité

Par Étienne Paré
Collaborateur, BazzoMAG

Quitter la ville pour la campagne, c’est une chose. S’impliquer et contribuer à la transformer, c’en est une autre! Portrait de Marie-Ève Arbour, une néo-rurale qui compte bien changer la perception des «régions» à travers le Québec.

C’est à Mont-Carmel, petit village du Kamouraska d’à peine 1000 âmes, que Marie-Ève Arbour et son conjoint ont choisi de s’établir après leurs études. Deux enfants, une maison et une campagne électorale plus tard, le couple s’y sent aujourd’hui chez lui.

«En 2011, on cherchait un peu un retour à la terre. On a fait le tour du Québec avec notre camion converti à l’huile de patate et on a eu un coup de cœur pour la région du Bas-du-Fleuve», se remémore-t-elle, le ton enjoué. À l’époque, Marie-Ève Arbour venait de lancer «Visages régionaux», une plateforme web visant à répertorier l’ensemble des initiatives régionales qui font la promotion des valeurs de solidarité et de développement durable.

Des cuisines collectives aux troupes de théâtre amateurs en passant par les fermettes de légumes biologiques, Marie-Ève Arbour a été la première surprise de la panoplie de projets alternatifs qui foisonnent dans la ruralité québécoise. C’est donc avec le même objectif que, cinq ans plus tard, «Visages régionaux» renaît, cette fois-ci avec des moyens financiers beaucoup plus importants grâce à une campagne de sociofinancement. «J’ai envie que l’on parle des régions pour autre chose que pour ce qui va mal. Moi, je veux qu’on mentionne ce qui va bien, ce qui bouge», soutient la jeune femme de 29 ans à l’énergie contagieuse.

Ambitieuse, Marie-Ève Arbour voit grand pour le projet qu’elle coordonne de manière bénévole: «Le recensement, c’est la première étape. Ensuite, j’aimerais que Visages devienne un catalyseur de projets en accompagnant les investisseurs et en donnant des conférences.»

UNE CONVICTION À TOUTE ÉPREUVE

Marie-Ève Arbour n’était pourtant pas prédestinée à devenir l’ambassadrice du renouveau régional. Née en banlieue de Montréal dans une famille plutôt apolitique, la grève étudiante de 2005 a été, pour elle, un éveil au militantisme. La flamme ne s’est depuis jamais éteinte. Elle s’implique notamment dans le mouvement «Coule pas chez nous!», qui s’oppose à la construction de l’oléoduc Énergie Est.

La réélection des libéraux en 2014, l’austérité, la corruption, l’indifférence générale n’ont pas eu raison de ses convictions profondes. «Je suis cynique une journée sur deux», plaisante celle qui fait preuve d’un optimisme presque déconcertant.

Son combat en faveur d’un monde plus vert et plus juste passe peut-être davantage par de petites victoires, comme celles que l’on peut voir sur le site web de Visages régionaux, que par un réveil soudain des consciences.  

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